Le projet culturel de la fédération

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La culture pour une société laïque et plus fraternelle

La Quinzaine du livre n’est pas sortie du chapeau comme par magie. Son organisation, ses objectifs, ses partenariats, sont, pour celui ou celle qui y adhère, fortement imprégnés d’une vision de ce que doit être un projet culturel porté par un mouvement d’éducation populaire. La Ligue de l’Enseignement veut donner toute sa place à la culture dans son projet et son action. Il s’agit aussi pour nous d’éclairer le manifeste public « Faire société » qu’elle a adopté lors de son dernier congrès, car il se trouve sans conteste à la fois pétri de culture et source de son renouvellement partiel. En effet tout milite pour dépasser le seul viatique de la démocratisation de la culture par les moyens et accès jusqu’alors utilisés et auxquels la Ligue a largement participé. D’abord parce que ces moyens n’ont qu’en partie atteint leurs objectifs ― qui de plus n’étaient pas toujours d’asseoir tout le monde au banquet de la culture, ou alors sur un ordre du jour établi par les seules cuisines instituées. Ensuite et surtout parce que nous changeons d’époque. Nous quittons l’ère de la méfiance de systèmes hérités à l’égard des personnes, l’ère des nations anciennes et sûres d’elles-mêmes, l’ère d’une planète considérée comme aux inépuisables ressources naturelles. Alors justement, dans ce monde de limites connues et de nouvelles responsabilités humaines, passionnantes à explorer et édifier, n’est-il pas temps de relancer une dynamique inouïe pour penser, créer, imaginer, relier, solidariser… sans limites, avec raison, audace et fantaisie ? N’est-il pas urgent d’y associer tous les acteurs d’une société, de leur faire confiance et de les encourager par d’ambitieuses politiques publiques locales, nationales et européennes ?

Voilà ce à quoi la Ligue invite, ce pour quoi elle se mobilise, pour le proposer dans le débat public et politique à venir. Fidèle à la nature de son engagement, elle entend nourrir le débat des idées tout en poursuivant son action quotidienne, qui repose sur le travail de la Fédération départementale (la FOL37), des associations partenaires, des bénévoles, qui chaque jour ont pour compagnons de travail des éducateurs, des enseignants, des animateurs, des artistes, des techniciens, des libraires, des élus, des agents des services publics, des acteurs économiques et sociaux… : toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à remettre leur avenir solidaire à demain.

Quatre priorités pour la cause d'une culture de l'émancipation, curieuse et solidaire

SER17Aussi c’est autour de quatre priorités que nous orientions le travail de la culture. Ces priorités, déjà en partie présentes dans ses actions, reprennent largement les objectifs et certaines des orientations proposées pour l’action publique : il s’agit de les amplifier et de les faire vivre.

La première c’est évidemment le combat à poursuivre, parce que loin d’être concrétisé, pour le droit effectif, dans l’égalité, à l’éducation et la formation tout au long de la vie, droit qui ne se conçoit pas sans culture, sans culture partagée.

La deuxième, c’est l’action singulière que nous entendons poursuivre pour l’éducation artistique, comme constitutive de la qualification continue des personnes, et reposant sur la fréquentation des œuvres, des artistes et des métiers et institutions qui les accompagnent, et la nécessaire pratique..

La troisième, c’est la reconnaissance réciproque des cultures en égale dignité, et de leur diversité, sur la base du respect des droits humains ; c’est la reconnaissance de toutes les formes d’action qui en stimulent le dialogue, voire la conflictualité, dans un cadre laïque. Dans ce dialogue résident les sources principales de l’imagination, de l’énergie et de l’enthousiasme dont notre société a besoin, pour éloigner le risque de se refroidir et de se replier.

La quatrième, c’est la place à donner ou à rendre aux habitants, petits et grands, pour qu’ils participent à la vie de la culture, dans la conception des projets, dans leur mise en œuvre, dans le fonctionnement des institutions culturelles : là réside l’enjeu du partage des pouvoirs. La vie associative est une des formes de cette participation avec son fédéralisme réinventé. La quinzaine du livre est un beau projet favorisant cette participation.

Ces quatre priorités nous apparaissent comme fécondes pour valoriser « le citoyen culturel », cette personne reconnue dans sa capacité à trouver et donner du sens à sa vie, dans un rapport construit et fraternel avec les autres, et sur des références à partager aux différents niveaux de territoires qu’elle habite tous ― proches ou lointains, réels ou virtuels. Elles ont aussi pour finalité d’articuler de manière respectueuse et complémentaire ces territoires, du local au planétaire, de la France à l’Europe et au monde.

A l’heure où certaines voix pleines de peurs et exaltant des nationalismes dangereux s’élèvent pour « démondialiser » la collectivité humaine, au juste motif qu’une part de la mondialisation se fait au dépens des plus humbles et des minorités, notre projet doit être d’humaniser la mondialisation. L’identité de la France est aussi hors d’elle-même, comme « je est un autre ». Son unité réside dans sa diversité. Le travail de la culture doit converger vers ce nouvel horizon de l’humanisme laïque.

Ce travail que la Ligue revendique pour elle-même a pour volonté de créer les conditions d’une nouvelle ambition pour une politique de la culture, l’ambition d’un élan redonné à la démocratie qui jamais ne saurait, dans la République, s’affranchir de la liberté et de la justice sociale, de la raison et du rêve, de la culture au bout de l’esprit et des doigts. Tout est affaire à la fois de contenus et de pratiques, d’œuvres et d’usages : à l’heure de l’affirmation des identités comme mode de reconnaissance et d’entrainement des individus et des collectivités dans la marche des sociétés, plus que jamais.

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